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Ouagadougou accueille du 2 au 4 juillet 2026 la toute première édition du Forum africain des innovations en santé, sécurité et bien-être au travail (AFRISST). Capteurs connectés, algorithmes prédictifs et réalité virtuelle : la technologie s'invite désormais sur les chantiers, les mines et les bureaux du continent pour prévenir l'accident avant qu'il ne survienne.

C'est un rendez-vous inédit que la capitale burkinabè accueille cette semaine. À la salle de conférence de Ouaga 2000, plus de trois cents participants venus du Burkina Faso, de la République démocratique du Congo, de la Tunisie, du Togo, du Bénin, du Mali et de plusieurs autres pays se retrouvent pour la première édition du Forum africain des innovations en santé, sécurité et bien-être au travail, baptisé AFRISST. L'événement est porté par le cabinet Sahelors Consulting, en partenariat avec l'agence Arobase Communication, sous le thème « Innovations technologiques en santé-sécurité au travail : défis et perspectives pour un développement durable des entreprises en Afrique ».

Derrière cette initiative se trouve l'ergonome burkinabè Sounkalo Djibo, installé en Europe mais resté attaché à son pays natal. Pour lui, la question n'est plus de savoir si l'intelligence artificielle doit entrer dans les usines, les mines et les bureaux africains, mais comment l'y intégrer intelligemment. « On retrouve l'intelligence artificielle partout aujourd'hui, que ce soit dans les rédactions, dans la santé ou dans les sciences de l'ingénieur. On ne peut pas faire autrement que de l'utiliser », explique-t-il, tout en pointant un défi central pour le continent : jusqu'ici, la culture dominante en Afrique reste celle de la réparation après l'accident, plutôt que de la prévention en amont.

Trois innovations concrètes seront au cœur des échanges pendant les trois jours de forum. D'abord, la surveillance des conditions de travail par capteurs connectés, capables de mesurer en temps réel la température, le niveau sonore ou la concentration en poussières respirables sur un site industriel ou minier, afin d'alimenter des systèmes d'alerte précoce. Ensuite, l'analyse prédictive des accidents grâce au machine learning, qui permet d'identifier des causes probables à partir de l'historique des incidents et des quasi-accidents. Enfin, la réalité virtuelle et augmentée, déjà utilisée pour simuler une intervention en espace confiné ou entraîner des agents à l'évacuation d'urgence sans exposer personne à un danger réel.

L'enjeu est considérable pour l'Afrique, où 80 % du travail demeure informel et où les dispositifs de médecine du travail ne couvrent qu'une fraction des salariés. Huit conférences de haut niveau, des ateliers pratiques et des rencontres B2B doivent permettre de connecter administrations publiques, compagnies minières, médecins du travail et jeunes innovateurs technologiques. Une manière, pour le Burkina Faso, de démontrer que l'appropriation de l'intelligence artificielle ne concerne pas que les grandes métropoles numériques du monde, mais aussi les réalités quotidiennes du travail en Afrique de l'Ouest.

 

Média : Sidwaya / allAfrica.com (interview de Sounkalo Djibo par Fleur Birba)

Date de publication : 1er juillet 2026

https://fr.allafrica.com/stories/202607010530.html