Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Réunis le 17 juin 2026 à Ouagadougou, les acteurs publics et privés ont lancé l’atelier de validation de la feuille de route nationale de l’intelligence artificielle (IA) pour la période 2026‑2030. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Jonas Michel Somé, secrétaire général du ministère de la Transition digitale.

Une vision structurée pour bâtir un écosystème IA compétitif

Ce document stratégique vise à définir un cadre cohérent pour le développement de l’IA au Burkina Faso. L’ambition affichée : construire un écosystème technologique responsable, inclusif et compétitif, capable de soutenir les priorités nationales de développement.

Son élaboration s’est appuyée sur une méthodologie progressive :

  • une analyse situationnelle conduite en 2025 ;
  • un appel à contributions mobilisant les acteurs nationaux et la diaspora ;
  • un alignement avec les orientations du plan national RELANCE 2026‑2030.

Quatre axes prioritaires

La feuille de route entend structurer l’action publique autour de plusieurs leviers majeurs :

  1. Renforcement de la gouvernance de l’IA
    Mise en place de cadres réglementaires et institutionnels adaptés.

  2. Développement des infrastructures numériques
    Modernisation des capacités technologiques nécessaires au déploiement de solutions IA.

  3. Valorisation des données
    Organisation et exploitation stratégique des données comme ressource clé.

  4. Développement des compétences nationales
    Formation et montée en expertise en intelligence artificielle et en science des données.

Selon Jonas Michel Somé, ces priorités doivent permettre au pays de se positionner durablement dans l’économie numérique.

L’IA au service des politiques publiques

Les autorités souhaitent intégrer l’intelligence artificielle comme levier transversal dans plusieurs secteurs stratégiques :

  • administration publique,
  • agriculture,
  • santé,
  • éducation,
  • innovation.

L’approche retenue met toutefois l’accent sur des principes fondamentaux : éthique, protection des données, sécurité numérique et coopération multi-acteurs. Le succès de la stratégie repose sur une synergie entre l’État, le secteur privé, les universités et les partenaires techniques et financiers.

Une dynamique institutionnelle affirmée

À l’ouverture des travaux, le Dr Yaya Traoré, secrétaire permanent de l’Innovation et de la veille sur les technologies émergentes du numérique, a souligné l’importance de cet atelier comme étape décisive vers une adoption structurée de l’IA au Burkina Faso.

Avec cette feuille de route 2026‑2030, le Burkina Faso pose les bases d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle alignée sur ses priorités de développement, tout en intégrant les exigences de gouvernance et de responsabilité propres aux technologies émergentes.