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Genève accueillait du 6 au 10 juillet le Forum mondial sur la société de l'information (SMSI-2026). En marge de cet événement majeur, le ministre djiboutien de la Communication, Mohamed Abdoulkader Moussa Helem, a mené une véritable offensive diplomatique numérique. Ses rencontres avec la secrétaire générale de l'Union internationale des télécommunications (UIT), Doreen Bogdan-Martin, et avec le directeur de Smart Africa, Lacina Koné, ont ouvert des perspectives concrètes pour transformer le petit pays de la Corne de l'Afrique en hub technologique régional.

L'ambition de Djibouti est claire : devenir une "Smart Nation" d'ici 2035. Pour y parvenir, le pays s'appuie sur des atouts géographiques stratégiques. Situé sur les rives de la mer Rouge, Djibouti constitue déjà un point d'atterrissement de plusieurs câbles sous-marins internationaux reliant l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Europe et l'Asie. Cette position privilégiée en fait l'un des principaux hubs de transit internet de la région, avec trois centres de données opérationnels et un point d'échange Internet (IXP).

Les discussions genevoises ont ciblé plusieurs chantiers prioritaires. La numérisation des services publics figure en tête de liste, suivie du renforcement des compétences dans les métiers du numérique et de l'IA. Les autorités souhaitent également réduire les disparités d'accès aux services numériques entre zones urbaines et rurales, un défi majeur dans un pays où 772 000 internautes sont recensés pour un taux de pénétration de 65%.

En janvier 2026, le ministère de l'Économie numérique avait déjà lancé, avec l'appui de l'UNESCO et de la Commission économique et sociale des Nations unies, les travaux d'élaboration de la première stratégie nationale en matière d'IA. Cette feuille de route s'inscrit dans la Vision Djibouti 2035. Les partenariats noués à Genève avec l'UIT et Smart Africa devraient permettre de bénéficier d'un appui technique pour développer des applications d'IA dans les services publics et intégrer les initiatives régionales de gouvernance numérique.

Cette dynamique s'inscrit dans un mouvement continental plus large. De plus en plus de pays africains investissent massivement dans leurs infrastructures numériques pour garantir la souveraineté de leurs données. Le Gabon vient d'inaugurer son premier data center, l'Algérie a lancé son centre national des services numériques, et six pays d'Afrique de l'Ouest ont adopté des lignes directrices communes sur l'IA éthique. Djibouti, avec sa position stratégique et sa volonté politique affichée, pourrait bien se hisser parmi les pionniers de la transformation numérique sur le continent.

 

📰 Source : We Are Tech Africa | Date : 13 juillet 2026

https://www.wearetech.africa/fr/fils/actualites/telecom/a-geneve-djibouti-renforce-ses-alliances-pour-developper-les-telecommunications-et-lia