Podcast
Écoutez cet article en audio
La Corée du Sud vient de frapper un coup d'éclat géopolitique majeur dans la guerre froide technologique qui oppose l'Asie à l'Occident. Séoul a officialisé un plan d’investissement décennal sans précédent d'une valeur totale de 1 000 milliards d'euros (soit près de 1 800 billions de wons), destiné à asseoir sa domination absolue sur les infrastructures de l'intelligence artificielle (IA). Cette offensive titanesque se déploie sur deux piliers stratégiques complémentaires.

Le premier volet, chiffré à 455 milliards d’euros (800 000 milliards de wons), vise l'appareil industriel de production de semi-conducteurs de mémoire. En partenariat étroit avec ses fleurons nationaux Samsung Electronics et SK hynix, le gouvernement va ériger quatre usines géantes de semi-conducteurs dans le sud-ouest du pays. L'objectif est clair : monopoliser le marché mondial des puces de mémoire à large bande passante (HBM), indispensables pour alimenter les puces graphiques de dernière génération.
Le second volet, tout aussi spectaculaire, injecte 568 milliards d'euros pour ériger de gigantesques centres de données d’ici 2035. En ajoutant une puissance de calcul de 10 gigawatts (GW), Séoul portera sa capacité nationale globale à 18,4 GW. Une telle infrastructure hissera la Corée du Sud au rang de hub d’hébergement incontournable, capable de rivaliser de front avec les géants américains du cloud (Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud) qui s'accaparent aujourd'hui le marché mondial.
Ce méga-plan marque une rupture historique : l'État sud-coréen s’empare directement de la planification et de la souveraineté technologiques du pays, éclipsant les initiatives privées antérieures. À l'heure où l'IA redéfinit la souveraineté économique globale, Séoul ne se contente plus de suivre la cadence dictée par la Silicon Valley : il ambitionne de posséder l'infrastructure mondiale qui l'héberge et l'alimente.
Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment.
Soyez le premier à commenter !