Podcast

Écoutez cet article en audio

L'histoire commence dans un quartier de Ouagadougou. À neuf ans, Yann Harris Charbel Siry démonte ses jouets télécommandés pour en percer les secrets. Cinq années plus tard, ce Burkinabè de quatorze ans livre une application web baptisée YamCyber, entièrement dédiée à la lutte contre la cybercriminalité. Le nom parle de lui-même : « Yam », qui signifie intelligence en mooré, accolé à « Cyber ».

Le constat de départ est simple. Sur le continent africain, les arnaques en ligne, l'usurpation d'identité et le piratage informatique explosent, tandis que la sensibilisation demeure faible. YamCyber y répond par plusieurs leviers complémentaires. La plateforme propose des modules de formation adaptés à différents profils, des conseils pratiques en cybersécurité et, innovation majeure, une intelligence artificielle capable de dialoguer avec les utilisateurs en mooré, en dioula et en fulfuldé. Trois langues nationales qui rendent l'outil accessible à des millions de personnes jusqu'ici écartées par les barrières linguistiques.

Le parcours de Yann force l'admiration. Sans ordinateur pendant longtemps, il a d'abord couché ses idées sur le papier, à la main. Aujourd'hui, la version mobile de YamCyber doit paraître le 20 juillet 2026, sur Play Store et App Store. En parallèle, il déploie des « étiquettes éducatives » — des affiches synthétisant six réflexes numériques essentiels — déjà accrochées dans plus de treize universités publiques et privées du pays.

La reconnaissance a suivi. Lors de la deuxième édition de la Foire internationale des petits génies du Faso (FIPEG-FASO), Yann a raflé la première place dans la catégorie 9-17 ans et décroché le prix « Révélation Adolescent ». Il collabore également avec la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) pour mener des campagnes de sensibilisation dans les marchés et les yaars.

Son ambition dépasse largement les frontières du Faso. À terme, il souhaite exporter ses étiquettes éducatives vers le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Bénin et le Togo, et fédérer une communauté panafricaine de jeunes cybersécurisés. Son rêve avoué : rassembler des jeunes pour réfléchir ensemble au développement du continent. Dans un pays qui a fait de la cybersécurité un chantier national prioritaire, YamCyber prouve que la souveraineté numérique africaine peut aussi se construire grâce à ses jeunes talents.

 

Source : Burkina24 (par Tambi Serge Pacôme Zongo)

https://burkina24.com/2026/07/08/burkina-faso-a-14-ans-il-cree-une-application-pour-lutter-contre-la-cybercriminalite/