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Selon un rapport du cabinet Arizton publié fin juin, les investissements dans les centres de données en Afrique devraient croître de près de 16 % par an jusqu'en 2031, portés par le boom de l'intelligence artificielle, du cloud et par la volonté croissante des États africains de garder leurs données sur leur propre sol.

Le continent africain amorce un tournant décisif dans sa course à la souveraineté numérique. Selon un rapport publié le 24 juin 2026 par le cabinet de conseil Arizton Advisory & Intelligence, intitulé « Africa Data Center Market Landscape 2026-2031 », les investissements supplémentaires dans les infrastructures de centres de données devraient atteindre 8,76 milliards de dollars d'ici 2031, avec un taux de croissance annuel composé de 15,76 %. Le segment le plus dynamique, celui des data centers en colocation partagés entre plusieurs clients, devrait même progresser à un rythme de 23,74 % par an sur la même période.

Cette accélération s'explique par la conjonction de plusieurs facteurs. D'abord, l'amélioration continue de la connectivité du continent, portée par de nouveaux câbles sous-marins et une couverture réseau plus dense. Ensuite, l'adoption massive du cloud computing et de l'intelligence artificielle dans des secteurs aussi variés que la banque, la santé ou l'administration publique, qui exigent une puissance de calcul et un stockage local considérablement accrus. Enfin, une exigence de plus en plus pressante : celle de la souveraineté des données, qui pousse gouvernements et entreprises à privilégier des infrastructures neutres vis-à-vis des opérateurs, situées directement sur le continent plutôt que dans des serveurs hébergés à l'étranger.

Cette dynamique continentale trouve un écho concret jusqu'en Afrique de l'Ouest. Au Burkina Faso, le gouvernement a d'ailleurs annoncé l'acquisition prochaine de data centers nationaux destinés à héberger l'ensemble des données produites sur le territoire, une décision présentée comme un pilier de la souveraineté numérique du pays. Une logique partagée par le Ghana, qui a débloqué 250 millions de dollars pour un centre national de calcul dédié à l'intelligence artificielle, ou encore par le Gabon, qui doit inaugurer son premier data center national fin juin 2026.

Reste un défi de taille pour transformer cette dynamique en avantage structurel : l'énergie. La construction et le fonctionnement de ces infrastructures gourmandes en électricité supposent des investissements parallèles dans les énergies renouvelables, faute de quoi la promesse d'une Afrique numériquement souveraine restera suspendue à la disponibilité d'un courant stable et abordable. Un pari que plusieurs bailleurs, dont la Banque africaine de développement, ont commencé à intégrer dans leurs programmes de financement des infrastructures numériques du continent.

 

Source de l'information

https://www.arizton.com/market-reports/africa-data-center-market-investment-analysis